Comprendre le lien complexe entre l’allaitement et la fertilité

Le choix des méthodes contraceptives utilisées en post-partum doit être fait lors de la grossesse afin d’éviter les mauvaises surprises et les choix non éclairés, puisque le retour de la fertilité après une naissance est influencé par plusieurs facteurs et peut arriver plus vite que l’on pense.

 

Le retour de la fertilité après une naissance dépend premièrement du fait que la mère allaite ou non

En effet, l’infertilité absolue en allaitement complet dure les 6 premières semaines, tandis que s’il n’y a pas d’allaitement, elle dure les 3 premières semaines. 

Pourquoi y a-t-il une différence ?

La réponse se trouve dans le jeu hormonal provoqué par l’allaitement.

Tout commence par le cerveau

Les hormones sexuelles sont des messagères qui passent de l’information du cerveau aux ovaires et vice versa. Le cycle menstruel est ainsi dirigé par l’hypothalamus et l’hypophyse dans le cerveau.  Ces centres de contrôle envoient des signaux hormonaux aux ovaires pour provoquer l’ovulation et aussi pour secréter les hormones de la reproduction (l’œstrogènes et la progestérone). Ces dernières agissent aussi sur l’utérus (particulièrement le col) les seins et d’autres organes.

Le cycle hormonal

Au début du cycle, l'hormone folliculo-stimulante (FSH) stimule les follicules dans les ovaires; certains follicules (contenant des ovocytes) se développent et produisent d’autres hormones, les œstrogènes. Le taux d'œstrogènes dans le corps continue d'augmenter et informe les centres de contrôle qui provoquent finalement une augmentation soudaine du taux d'hormone lutéinisante (le fameux « pic de LH »). Cette brusque augmentation déclenche l'ovulation, c'est-à-dire la libération d'un ovocyte par l'ovaire. Une fois l'ovule (ovocyte) libéré, il se déplace dans les trompes utérines en direction de l’utérus. Dès l'ovulation, le follicule rompu commence à produire une autre hormone : il s'agit de la progestérone.

Que se passe-t-il d'un point de vue hormonal après une naissance?

Juste après une naissance, une nouvelle hormone, la prolactine, provoque la sécrétion de lait par les seins, c’est la montée de lait. Si la femme n’allaite pas, si ce lait initial n’est pas extrait des seins, la prolactine disparaît progressivement, la sécrétion de lait se tarit et le jeu hormonal menant à l’ovulation revient bientôt.

Si la femme allaite, chaque tétée stimule la sécrétion de prolactine, laquelle entretient la production du lait. De plus l’allaitement exerce une action de blocage sur l’hypothalamus et l’hypophyse au cerveau, les empêchant pour un certain temps, de mettre les ovaires au travail. Ces derniers sont inactifs et l’ovulation n’a pas lieu.

Mais attention, l’allaitement en soi n’est pas gage d’infertilité.